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Les conflits

1 Nature des conflits

Le mot latin « conflictus » signifie au sens propre : « choc », et au figuré « combat ». Dans un conflit, deux entités s’attaquent mutuellement.
En dehors du champ humain, le terme désigne aussi, par analogie, une incompatibilité. Par souci de précision, nous ne considèrerons que la notion de conflit au sens strict, impliquant un combat (pas forcément physique) entre personnes. Inutile d'avoir plusieurs mots pour désigner la même chose. Il est donc judicieux de ne pas faire du terme « conflit » un simple synonyme d'« affrontement » voire de « désaccord ».

Le conflit est alimenté par une attitude combative, correspondant à l’émotion de colère. Cette attitude résulte d’une disposition innée profondément enracinée dans notre psychisme. Attitude qui peut être utile, en présence d’un danger, mais qui s’avère souvent nuisible (comme tout comportement irrationnel).
Cette attitude consiste, lorsque l’on se sent mal, à chercher hors de nous, et de préférence dans une personne, une « cause » à notre souffrance, puis à nourrir un sentiment d’hostilité envers la personne considérée comme « cause » (plus ou moins consciemment).
Cette hostilité tendra à se manifester par une attaque, c’est-à-dire la production délibérée d’un malaise chez la personne qui fait l’objet de notre hostilité. C’est ce que nous appellerons l’instinct punitif : « c’est à cause de toi, donc je te punis ».

La réponse peut être immédiate : « -Casse-toi tu pues ! -T’as le nez trop près de la bouche… » c’est ce que l’on appelle « avoir de la répartie ».
Mais elle peut également être différée. Ce qui correspond à la rancune.
La riposte pourra alors être amplifiée grâce à la rumination : les pensées sont activées et dirigées par le sentiment d’hostilité, ou être au contraire atténuée (grâce à une relativisation du problème ou la recherche de solutions plus efficaces).

Notons bien que cet instinct, avant d’être agressif, est accusatoire : il implique la recherche d'un responsable… à tort ou à raison. D’où le phénomène du bouc émissaire : les agressions contre les minorités ethniques redoublent en période de troubles économiques ou d’épidémies.

Le problème des conflits est qu’ils ont tendance à perdurer, voire à s’amplifier. Ainsi, par le jeu des ripostes différées, le problème peut s’éterniser.
Si la punition infligée (par chacun) correspond à une souffrance plus forte que celle qui l’a motivée, il y a escalade de la violence. Ceci correspond, mécaniquement, à un phénomène de résonance (ou « rétroaction positive »).
Cette escalade explique qu’une gêne mineure (à un instant donné) soit parfois à l'origine d'une violence extrême. Les vendettas et autres conflits inter-communautaires (pouvant se terminer par un génocide) en sont une illustration.
Pour qu’il y ait escalade, il n’est pas nécessaire que les représailles soit pires que les malaises les ayant provoquées. Si la réplique est suffisamment rapide, elle peut se superposer à la souffrance précédente, de sorte que la souffrance totale va en s’accroissant. Cela dépend de la rémanence des souffrances infligées (c’est-à-dire : de leur persistance temporelle chez le récepteur), et de la vitesse de réaction (temps s’écoulant entre le début du malaise et la riposte).
En outre, ce n’est pas seulement la violence de la réplique telle que voulue par son auteur qui est à prendre en compte, mais aussi la sensibilité du récepteur à la violence : quelqu’un peut percevoir comme très violent ce que d’autres perçoivent comme anodin.

On voit donc qu’il suffit que les deux protagonistes aient un instinct punitif suffisamment développé pour que les conflits soient violents et fréquents, même si le malaise initial est faible.
Plus exactement, les éléments suivants sont à prendre en compte dans le « développement » de l’instinct punitif :
- la sensibilité à la souffrance
- la mémoire de la souffrance (rémanence)
- la tendance à chercher une cause extérieure à soi
- la tendance à considérer la notion de personne (plutôt que de comportement, par exemple)
- la rapidité de la riposte
- la sévérité de sa riposte (par rapport au motif)
- l’emprise de la colère sur l’esprit (rumination)

N’importe quel malaise initial peut faire l’affaire. La « pomme de discorde » peut être une situation de concurrence banale (chacun des protagonistes veut la « pomme » pour lui), un inconfort (l’autre parle trop fort, sent mauvais etc.), une culpabilité, un sentiment d’injustice… (Dans ce dernier cas, l’hostilité n’est autre que la jalousie).


Test de compréhension

Tout conflit provient

1- d’un instinct profondément enraciné en nous-mêmes.VraiFaux
2- d’une volonté consciente de punir.VraiFaux
3- d’un désaccord.VraiFaux
4- d’un malaise.VraiFaux

L’escalade de la violence nécessite

5- la contribution d’au moins deux protagonistes.VraiFaux
6- une réaction plus forte que le malaise qui l’a déclenchée.VraiFaux
7- une rumination.VraiFaux

L’escalade de la violence est d’autant plus probable que les protagonistes

8- réagissent rapidement.VraiFaux
9- ruminent leur vengeance.VraiFaux
10- sont sensibles aux affronts.VraiFaux
11- cherchent des coupables.VraiFaux
12- sont tolérants.VraiFaux

13- Nous appelons conflit :

  • une opposition entre deux processus
  • une incompatibilité entre des personnes ou des idées
  • un ensemble d’agressions provenant d’une même cause
  • un simple affrontement
  • une guerre entre plusieurs nations

2 Quatre réactions

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