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Ukratio, pour une société vraiment plus juste, durable et fraternelle
Questions à un ami utopiste

III Une autre culture


3 Une société pacifique

- N'est-ce pas un peu abusif de s'en prendre au nationalisme  ? En quoi le fait d'aimer sa nation nous forcerait-il à faire la guerre  ?

- C'est un peu la même situation qu'avec le capitalisme qui ne prône pas la destruction mais nous y conduit. Le nationaliste, par définition, privilégie les intérêts de sa nation sur ceux des autres. Or, à un moment ou à un autre, qu'on le veuille ou non, il finit toujours par y avoir des conflits d'intérêts entre les nations. Donc, il y aura alors objectivement compétition entre les nationalismes concernés, quand bien même chacun aura proclamé qu'il n'a rien contre les autres, qu'il se contente de défendre ses propres intérêts.

- Et alors  ? Un simple conflit d'intérêts n'est pas une déclaration de guerre. Entre êtres civilisés, intelligents, on peut parfaitement s'entendre malgré cela, trouver des arrangements etc.

- Bien sûr, mais là encore, du fait de la réalité de la psychologie humaine, il y a certains mécanismes qui risquent fort de se mettre en place, un jour ou l'autre. Un tel mécanisme est l'instinct de contre-attaque : si j'estime que quelqu'un me nuit, j'ai tendance à lui nuire à mon tour. Ce mécanisme induit une escalade de la violence. Donc, oui, au début, le différend est souvent anodin, mais à la fin, il ne l'est plus du tout...

- Ça ne se passe pas comme cela à chaque fois...

- Tout à fait, mais là encore, il est difficile d'éviter que ça se produise de temps en temps. D'où les guerres. D'où leur persistance, parce que tout le monde s'illusionne en cherchant des causes moins profondes, quand il n'attribue pas tous les torts aux camps adverses !

- Mais ce système communal, en tant que recentrage local, n'induit-il pas de possibles conflits entre les communes, un risque de tribalisation ?

- Il y a plusieurs choses qui préservent de ce risque. Tout d'abord, sur le plan politique, nous avons vu que les décisions à échelle supra-communale se prennent collectivement, par des individus, pas par négociation entre communes... Ensuite, il n'y a pas d'élus régionaux susceptibles de personnaliser un nationalisme (comme c'est le cas actuellement avec la chefferie élective, en particulier à l'échelle nationale). Nous avons vu également que la mobilité était permise voire encouragée : il y a un brassage des populations. Nous avons vu que la notion de propriété était dénoncée : les résidents d'un lieu ne s'en estiment pas possesseurs... Quiconque s'y trouve en est gardien, c'est tout. Enfin, l'éthique harmoniste est humaniste : un bien plus grand est privilégié à un bien plus petit...
Ainsi, tous les intérêts locaux, habituellement sources de conflits, sont considérablement réduits, pour ne pas dire éradiqués.

- N'y a-t-il pas un risque d'uniformisation ?

- Non, car être différent est une chose, être solidaire en est une autre. Nous sommes pour des diversités solidaires :-). Ensuite, la diversité peut être individuelle, elle n'est pas forcément diversité entre des uniformités locales... Or, vu que notre éthique reste très large et libérale, il y a acceptation de la diversité, elle est considérée comme une richesse...

- Cela dit, les conflits n'ont pas que le nationalisme pour cause...

- Oui, il y a aussi l'argent, le pouvoir hiérarchique...

- Oui, mais pas seulement.

- C'est vrai, et là intervient l'éthique harmoniste, qui a un rôle bénéfique à ce niveau, puisqu'elle prône la non-violence

- Vous refusez toute forme de brutalité, de contrainte  ?

- Pas lorsque c'est pour éviter une souffrance, comme maîtriser une personne violente, par exemple.
La non-violence ce n'est pas « ne pas combattre », « ne rien faire » ! C'est d'abord une attitude intérieure, un travail sur soi. Maîtriser ses propres réactions de contre-attaque, par exemple. Ensuite, il y a aussi un travail sur le détachement, l'ego, qui tend à éliminer bien des pommes de discordes. Mais tout cela se fait progressivement, c'est un apprentissage de vie. Du coup, il y a toujours des discordes en ucratie, même si elles sont moins nombreuses et violentes qu'ailleurs. Le but n'est pas la perfection, seulement le mieux.

- Et que se passe-t-il en cas de discorde  ?

- En cas de conflit avec quelqu'un, ou plutôt de nuisance, de malaise, la règle consiste à essayer d'abord de traiter la question avec la personne, par le dialogue, bien sûr. C'est une occasion de mettre en pratique l'attitude non-violente, l'humanisme et la rationalité !

- Et si ça ne fonctionne pas

- Dans ce cas, il existe une équipe de médiation, à laquelle on peut recourir.

- Et si cette médiation échoue  ?

- On peut alors s'en remettre à l'assemblée communale. Qui pourra prendre des décisions allant jusqu'au bannissement d'une personne qui s'avèrerait particulièrement violente et difficile à raisonner.
Mais cela a peu de chances de se produire, à cause de l'éthique harmoniste rationnelle, qui outre l'humanisme, donc: un objectif commun, prône la rationalité, donc: un moyen de se mettre d'accord.

- En quoi la rationalité constitue-t-elle un moyen de se mettre d'accord ?

- Comme l'atteste l'expérience de plusieurs siècles maintenant, la démarche scientifique permet d'accéder à une réalité commune, par opposition aux mythologies du passé, qui déterminent des vérités différentes selon les cultures.
Par ailleurs, nous avons vu que cette démarche comprend le principe du doute, qui permet l'évolution, une certaine ouverture d'esprit, disons.

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