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Ukratio, pour une société vraiment plus juste, durable et fraternelle
Questions à un ami utopiste

IV Une autre stratégie


3 Des atouts

- En tout cas, c'est quand même du boulot tout ça !

- Guère plus que n'importe quel déménagement ou création d'entreprise, et pour un intérêt incomparablement supérieur !

- Il faudra prévoir des compétences appropriées.

- Bien sûr, tout cela peut être préparé. On peut aussi voir comment exploiter les compétences dont on dispose, envisager des formations, s'adapter au lieu.

- Il y a le fait que ce système est nouveau. La mise en œuvre c'est autre chose que la gestion d'un truc parfaitement rôdé.

- Oui, mais, premièrement, cette mise en œuvre peut être progressive. Ensuite, les pionniers seraient, pour la plupart, des gens plus particulièrement motivés, de véritables humanistes, je pense, et pas de simples individus auxquels le nouveau système serait plus ou moins imposé et qui suivraient tranquillement. Donc, ça tombe bien. C'est pour ça, que je parlais de bâtisseurs, tout à l'heure. Quoi de plus enthousiasmant que de faire une telle œuvre utile, que de vivre une telle aventure, d'être aussi pleinement en accord avec ses valeurs !

- Il y a aussi les difficultés humaines liées à toute entreprise collective...

- Tout-à-fait, mais plutôt moindres ici que dans la plupart des entreprises collectives.

- Pourquoi donc  ?

- Parce que ce projet comporte une organisation réaliste pour limiter les situations de conflits, sans même parler de la culture. Ensuite, même au début où tu vas me dire que toute cette organisation ne sera pas encore complètement en place, il y a le simple fait que les gens seront d'accord sur un projet tout de même assez précis. Il n'en est pas ainsi dans la plupart des projets d' « éco-village », où il n'est parfois question que d'une vague spiritualité, voire de « vivre en harmonie sur une terre » ! et où l'on se contente de faire préalablement connaissance par quelques sorties en commun. Il y a alors généralement trop de choses laissées dans le vague, trop de divergences insoupçonnées pour que ça marche durablement.

- Ensuite, même si ça marche entre vous, il y a la question du voisinage.

- Celui-ci peut être convenablement informé, voire impliqué... Il est possible de prendre soin des relations avec le voisinage. Je pense que c'est important.
Plus généralement, une bonne information de ce que nous projetons de faire est importante, afin de court-circuiter toute rumeur malveillante. N'ayant rien à nous reprocher, nous n'avons rien à perdre à cela. Sans compter que ce peut être un moyen de trouver plus de volontaires. Le véritable progrès a toujours été le fruit du dialogue et de l'intelligence.

- Une coopérative, ça ferait combien de personnes, environ ?

- Il n'y a pas de limites, mais ce serait typiquement quelques centaines.

- Alors là, ça me semble effectivement un vaste programme, pour mettre tout ça en place. Surtout si chacun veut sa maison, puisque j'ai cru comprendre que ce n'était pas une communauté...

- C'est pour cela qu'il existe un projet intermédiaire : les communautés harmonistes.

- Oui, mais tu disais que tout le monde ne souhaitait pas vivre en communauté...

- Tout à fait. Ce projet ne concerne pas tout le monde, mais pourrait aider à la mise en place des coopératives.
Ces communautés pourraient être mises en place plus facilement du fait de leur effectif plus restreint, d'une part, et des moindres exigences matérielles de leurs membres, d'autre part.

- Ne risque-t-on pas de rencontrer les mêmes difficultés auxquelles ont dû faire face les expériences communautaires du passé ?

- Il y a tout d'abord l'objectif commun, déjà évoqué tout à l'heure. Il y a les règles économiques et politiques ucratiques, qui garantissent une certaine liberté individuelle...
Ensuite, par rapport aux coopératives, ces lieux seraient plus « sélectifs », car la vie en communauté, si elle présente des avantages, implique des difficultés supplémentaires. L'éthique harmoniste serait appliquée avec plus de rigueur. En particulier, il y aurait quelques règles de communication destinées à assurer plus fortement l'harmonie entre les membres. Enfin, les volontaires se choisiraient mutuellement, après une période d'essai, mais sur la base de l'éthique harmoniste.

- Pourquoi ne se choisiraient-ils pas comme bon leur semble ?

- La période d'essai, tout d'abord, permet plus de fiabilité dans le jugement : les apparences sont parfois trompeuses. La référence à l'éthique permet de faire en sorte que ce soient les « bonnes » personnes qui restent, et non pas les plus manipulateurs ou les plus violents. Ainsi, l'avenir de l'alternative est plus assuré à long terme... Cela participe au mieux-être de tous.

- Ainsi, ces communautés seraient plus attractives...

- Pour les gens que ce mode de vie intéresse, oui. Ces communautés ne seraient pas seulement un outil pour la mise en place des premières coopératives. Elles correspondent à une plus grande harmonie, grâce à plus de communication. Ainsi, elles pourraient continuer d'exister, à l'intérieur de coopératives, par exemple, constituant donc un atout supplémentaire pour attirer du monde...

- Une communauté, ça ferait combien de personnes, environ ?

- Je dirais, typiquement, une dizaine d'individus. Mais il n'y a pas franchement de minimum ni de maximum.

- Ce qui me gêne encore, est que vous semblez avoir réponse à tout, comme si tout était écrit d'avance.

- Il n'en est rien. Nous ne prêchons pas une vérité toute faite. Par contre, oui, il nous semble important de penser à l'avance à un maximum de choses, afin de limiter les problèmes futurs. Donc, forcément, ayant réfléchi à pas mal de choses, nous pouvons donner cette impression de ne plus laisser de place à l'initiative, mais rassure-toi, il en reste énormément ! La réalité est suffisamment complexe.
De plus, je te rappelle que le doute fait partie de l'éthique harmoniste rationnelle. Rien de ce que je t'ai dit n'est définitif, tout peut être discuté ; mais de façon rationnelle et argumentée, sinon, c'est le blocage, l'enlisement, on n'avance pas. Lorsque tu prépares un voyage, tu as intérêt à réfléchir à ce qui peut arriver, pour qu'il ne vire pas au cauchemar ou ne tourne pas court rapidement. Cela n'empêche pas, ensuite, de vivre de belles aventures, d'avoir des surprises. C'est même ce qui te permet d'en avoir, finalement... des bonnes, du moins :-).

- Quel est le programme, maintenant  ?

- Faire connaître le projet au plus grand nombre possible, nous avons vu l'importance de cela. Car c'est un voyage qui ne peut se faire seul. Et plus on est nombreux à réfléchir, à être vigilants, moins on risque de se fourvoyer.
De plus, le système actuel est à l'origine de nombreuses souffrances immédiates et à venir. Pour un humaniste, il y a urgence !

- Et après ?

- Dès qu'il y aura suffisamment de volontaires, de moyens, nous pourrons commencer à mettre en place les premières coopératives. Tout en continuant de faire connaître le projet, bien sûr.

- Et comment vont faire les volontaires pour se reconnaître, se rencontrer ?

- Il suffit qu'ils se signalent quelque part. Nous avons un site internet : http://ukratio.org. Sur le site, il y a des « sondages » par lesquels chacun peut indiquer sa situation par rapport au projet : son degré de motivation, ses contraintes etc. Ainsi, on peut savoir s'il y a plus de cent personnes disponibles pour une coopérative, par exemple...

- Et à ce moment là, vous les prévenez ?

- Voilà ! Un minimum de blabla pour un maximum d'efficacité ! Et bien sûr, on peut aussi agir sans attendre. Sur le site, on peut prendre des décisions collectives, selon les principes de l'ucratie.

- Ce n'est pas un peu virtuel, tout ça ?

- C'est un outil de communication. Ensuite, on peut aussi organiser des rencontres physiques. Il y en a pour tous les goûts.

- Ceux qui veulent agir n'ont pas d'excuse, alors !

- Tout à fait. Par contre, les autres peuvent toujours en trouver... mais il va leur falloir beaucoup de mauvaise foi. ;-)

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