Ukratio, pour une société vraiment plus juste, durable et fraternelle

Compacter
Changer fond
Supprimer menu
Aide menu
Surligner après

Du permis de priver à la liberté

Avertissement et plan

III Politique

Impôts

Souvent, pour accroître ses moyens, l'État, prélève des biens (ou leur équivalent en monnaie) en particulier sur certains transferts de propriété. C'est ce que l'on appelle l'imposition ou la taxation, les montant monétaires correspondants étant appelés impôts ou taxes (impôt sur le revenu, la succession, la vente (TVA) etc.)
Ces moyens servent à assurer le respect du droit de priver, mais aussi à limiter, parfois, les effets trop inégalitaires du capitalisme. Certains États offrent ainsi des assurances sociales.
On parle alors d'État providence.

La limitation des écarts de revenu par un impôt fortement progressif est cependant assez théorique, puisque ce sont en définitive les capitalistes qui décident de leur propre revenu (grâce au pouvoir conféré par la possession des moyens de production). Lorsque leur taux d'imposition augmente, il leur suffit d'augmenter en conséquence leur revenu brut, pour conserver un revenu réel (net) toujours aussi important.
Cette progressivité donne aussi aux plus riches le sentiment de contribuer plus fortement au bien-être global (contribution souvent illusoire à cause du profit et de l'exploitation capitaliste). Cela peut alimenter un sentiment d'injustice vis-à-vis des bénéficiaires de l'État providence, considérés comme des parasites.

Partis et syndicats

Dans certains État, les individus les moins « riches » ou favorisés par ce système parviennent parfois à s'associer en syndicats ou partis politiques afin de constituer un groupe de pression défendant leurs intérêts.
Un syndicat est un groupement défendant les intérêts d'une catégorie socio-professionnelle. Ainsi, les syndicats de salariés s'opposent directement aux employeurs. Les partis politiques, quant à eux, cherchent à accéder aux commandes de l'État (ou à y faire accéder certains de leurs membres).
Il s'ensuit alors un certain équilibre, assuré par la lutte sociale. Une sorte de compromis constamment menacé par la logique capitaliste.
Ces mouvements peuvent infléchir la politique de l'État dans un sens plus « redistributif » : l'État limite alors les injustices découlant du capitalisme, par une imposition accrue des plus « riches », la prestation gratuite de services fondamentaux, des assurances sociales etc.

À l'inverse, les individus privilégiés par le capitalisme peuvent eux aussi s'associer (en partis et syndicats) afin de limiter les taxes ou le pouvoir des groupes adverses. L'État ainsi influencé renforce alors l'application des règles capitalistes (droit de priver) tout en réduisant les taxes et donc, les assurances sociales.
Ils peuvent encore focaliser l'attention sur d'autres considérations de façon à la détourner de ce qui pourrait mettre en cause leurs intérêts. En particulier en entretenant la jalousie et la rivalité entre différentes parties de la population, en accordant des droits de priver à tous, ou encore du divertissement.

L'ensemble de ce jeu politique peut d'ailleurs être vu comme un divertissement en ce qu'en focalisant les uns et les autres sur la défense de leurs intérêts, sur des considérations réformistes ou interpersonnelles (« faire payer les patrons »), il détourne de la prise de conscience de la logique sous-jacente. Même les réformes en faveur des plus pauvres contribuent au maintien de cette logique : en la rendant plus supportable ou acceptable par tous.
De plus, ces réformes, en rendant souvent l'économie moins productive, apportent des arguments aux capitalisme...

Sensibilités

Nous appellerons socialistes les partisans d'un État providence, ou plus généralement, de délibérations collectives dans le domaine économique, et capitalistes, les partisans d'un État se cantonnant au « maintient de l'ordre », voire aidant directement le processus capitaliste (commerce, consommation etc.)
Les qualificatifs « de gauche » ou « de droite » sont parfois utilisés (pour désigner respectivement ces deux sensibilités), mais leur sens est plus vague. D'une façon générale, « la droite » exprime un attachement aux racines, et donc, par extension, aux phénomènes plus anciens historiquement (comme la royauté, le nationalisme ou le capitalisme). La gauche, quant à elle, est plus préoccupée par les injustices et la souffrance, n'hésitant pas à s'attaquer à l'ordre exis­tant. pour y remédier.

Libéralisme

D'une façon générale, un libéral est un partisan d'une plus grande liberté pour tous.

Certains capitalistes s'intitulent parfois « libéraux » sous prétexte qu'ils souhaitent que moins de taxes soient prélevées lors des transferts de propriété, et que donc, ceux-ci, et ceux qui s'y adonnent soient plus « libres ».

C'est oublier que la première privation de liberté est celle des non-propriétaires d'un bien, qui ne peuvent participer équitablement aux décisions le concernant. Or, les non-propriétaires d'un bien sont beaucoup plus nombreux que ses propriétaires...
De plus, comme nous l'avons vu, le droit de priver étant inégalement réparti à cause du droit de le transférer, cette « liberté » s'oppose précisément, à grande échelle, à la plus grande liberté du plus grand nombre possible.
Conformément à notre définition de la liberté, toutes les possibilités ne sont pas équivalentes : ce n'est pas pareil de ne pas pouvoir trouver suffisamment de nourriture pour vivre, et ne pas pouvoir transférer un bien de grande valeur monétaire sans devoir céder un petit pourcentage à l'État.

Les libéraux honnêtes ayant suffisamment réfléchi devraient donc s'opposer au droit de priver et au pouvoir de le transmettre ; bref, au capitalisme.

Ce « libre capitalisme » est apparu en réaction à un système parasité par une oligarchie héréditaire (aux environs du XVIIième siècle). Relativement à cette situation, cette liberté, consacrée par la « délclaration des droits de l'homme et du citoyen », a souvent, en effet, constitué un progrès (de la liberté globale). Sur la lancée de ce processus d'émancipation, certains penseurs particulièrement optimistes (et oublieux du biais imposé par le cadre privatiste) ont même postulé que tel une main invisible, ce « libre échange » ferait « des vices personnels l'instrument du bien-être général » !
Au même moment, une mise en œuvre plus rigoureuse de la pensée rationnelle a permis de développement de nombreuses techniques améliorant globalement la sécurité et le confort matériel de la population. Certains ont alors attribué ce mieux-être au capitalisme, ce qui a pu prolonger l'optimisme que nous venons d'évoquer.

Cadres et paravents

Encore aujourd'hui, certains justifient la réduction des taxes dans un pays par la nécessaire « compétitivité » des productions de celui-ci (vis-à-vis des autres), ou simplement pour « réduire le chômage » en « relançant l'économie ».
Cet argument ne peut être valable que dans le cadre d'un régime capitaliste (où il est d'ailleurs discutable), pas dans l'absolu... Or, peu de gens parviennent à sortir de ce cadre de pensée puisque faute d'autres références ou d'une compréhension globale de l'économie, il leur apparaît comme universel voire naturel...

Ce qui est ainsi « relancé », n'est pas l' « économie » (ce qui n'aurait pas de sens : voir la définition du mot), mais la consommation dans un cadre capitaliste, ce qui actuellement, ne contribue pas au bonheur global, mais à la destruction de l'environnement. Une économie radicalement différente, basée sur la règle d'équité, supprimerait le chômage : le travail serait réparti équitablement de façon à ce que tout le monde ait de quoi satisfaire ses besoins élémentaires.

De même que l'on désigne souvent la consommation dans un cadre capitaliste par le mot « économie », plus neutre et plus général, on fait de même en désignant une organisation capitaliste par le mot « entreprise ».
De même, pour désigner le « développement » du capitalisme, sa croissance, le travail, l'emploi ou l'insertion dans son cadre, on se limite souvent au premier mot (développement, croissance, travail, emploi, insertion). On escamote ainsi la réalité dont on parle effectivement derrière un paravent sympathique... mais trompeur. En effet, comme nous l'avons vu, sur le long terme, la croissance de la consommation capitaliste s'oppose à la vie, l'insertion dont il est question ici s'oppose à des rapports fraternels (à cause de la compétition induite) etc.
On pourrait en dire de même de l'usage en économie des termes « propriété » (une propriété est un attribut d'un être), ou encore « bien »... qui, là encore, tendent à dissimuler une réalité.

Certains vont même jusqu'à parler d'économies alternatives pour désigner des attitudes un peu moins cupides dans le cadre du capitalisme... Cela peut faire illusion (en faisant croire que de telles alternatives sont mises en œuvre). Ils devraient bien sûr parler d'attitude alternative dans le cadre du capitalisme.

Communisme

Le terme communisme vient de « commun » : les biens sont considérés comme communs, et non plus comme propriété individuelle.
Le communisme apparaît donc comme l'alternative au capitalisme (et plus généralement, au privatisme).

Au sens large, un monastère, certaines familles, une tribu primitive sont des États communistes. Il s'agit donc d'une économie qui, loin d'être « utopique », non seulement existe, mais est même celle dans laquelle a baigné l'humanité pendant le plus clair de son existence (plus de 100000 ans).

Ce concept peut cependant être un peu trompeur dans la mesure où une fois les biens « mis en commun », il reste la question de savoir de quelle façon sont prises les décisions. Si, par exemple, il existe une hiérarchie de pouvoir, il peut s'avérer que certains ont effectivement un droit de priver arbitrairement autrui de la jouissance de biens...

Autocratie

Lorsqu'une seule personne détient un maximum de pouvoir au détriment des autres, nous parlerons d'autocratie.
C'est un cas extrême d'oligarchie.

Un régime communiste de type autocratique est donc équivalent à un régime capitaliste où tous les biens sont la propriété d'un seul individu. C'est le cas dans de nombreuses familles et monastères. C'est le cas de nombreux royaumes et empires, depuis l'époque des pharaons...

Lorsque l'autocratie est particulièrement brutale, ou peu légitimée par une idéologie, elle est qualifiée de tyrannie ou de dictature.

Totalitarisme

En pratique, ce cas extrême d'inégalité est limité par les difficultés techniques pour un État d'intervenir partout. Nous dirons d'un État qui parvient à intervenir partout ou presque qu'il est totalitaire, conformément, là encore, à l'étymologie. Totalitaire signifie en effet : qui englobe une totalité.

De même quelqu'un qui parvient à trouver une certaine cohérence entre tout ce qu'il fait a une attitude totalitaire : il gère la totalité de son existence au lieu d'être essentiellement balloté par les évènements, il vit plus intensément.
Ce terme ne devrait donc rien avoir de péjoratif.
Il est souhaitable pour la liberté de chacun qu'une dictature (ou même n'importe quel système inégalitaire...) ne devienne pas totalitaire... Par contre, en ce qui concerne une démocratie qui s'opposerait à la souffrance et aux injustices, on peut au contraire souhaiter qu'elle le soit (dans la mesure où le risque de dérive oligarchique et tout aussi totalement écarté...)

Manipulation

Malheureusement, beaucoup confondent totalitaire avec dictatorial, voire réagissent dès qu'ils entendent le mot « totalitaire » en jugeant négativement la chose ainsi désignée.
Ce phénomène doit faire suspecter une manipulation.

La manipulation s'oppose à la pensée : à la limite, le manipulé réagit d'une façon immédiate à ses perceptions comme une marionnette aux doigts de celui qui l'actionne... D'où son nom.
À l'inverse, la pensée permet de conquérir une certaine autonomie. Plus elle est rationnelle, prudente et complète, moins on est mani­pulable. Chacun peut donc se libérer de la manipulation, en particulier, en donnant aux mots un sens simple, clair et logique, sans réagir aux connotations.

La manipulation se distingue de la force en ce qu'elle n'exerce pas une contrainte, mais nous fait agir spontanément dans un sens ne correspondant pas nécessairement à notre intérêt. Cela est possible grâce à l' exploitation de notre fonctionnement irrationnel.

Ce phénomène est fréquent dans la publicité, mais aussi en politique.
Par exemple, pour faire admettre un droit, on pourra le déclarer « naturel », « imprescriptible », voire « sacré ». Une telle qualification tend à le faire admettre sans discussion, occultant le fait que tout droit n'est que le fruit d'une convention humaine à un instant donné de l'Histoire.

Marxisme

La plupart des penseurs à la recherche d'une société sensiblement meilleure que celle de leur époque on suggéré des modèles communistes voire des moyens d'y parvenir (Platon, Jésus, More...) On comprend évidemment pourquoi...

Un des nombreux penseurs communistes du XIXème siècle, un dénommé Marx, à qualifié ses prédécesseurs d'« utopistes » (dans un sens péjoratif), qualifiant son propre point de vue de « scientifique ». Ceci, sous prétexte qu'il ne proposait pas un modèle précis, mais s'inspirait d'une interprétation de l'Histoire. Selon sa doctrine, la société « communiste » devait être l'œuvre des classes sociales défavorisées, non propriétaires de moyens de production : les prolétaires. Le communisme devait advenir après une chute perçue comme inévitable du capitalisme.

Cette doctrine (le marxisme) a rapidement conquis une grande partie des partisans du communisme, qui se sont lancés dans la lutte des classes, délaissant les expérimentations communistes.
Certains marxistes on essayé de mettre en place un communisme par la voie politique, en usant de la force, et donc, en instaurant un régime hiérarchique (que Marx n'aurait probablement pas approuvé). Ceci a fatalement abouti à des oligarchies voire des autocraties particulièrement totalitaires (Staline, Mao etc.)

Ces dictatures se sont souvent qualifiées de communistes, de sorte que beaucoup se sont mis à les identifier avec « le communisme ». Certains manipulateurs capitalistes sont même allé jusqu'à parler à leur propos de « communisme réel » ! Parler de marxisme eut été moins fallacieux, quoique déjà largement inexact.
Cette qualification a permis d'instiller l'idée qu'il n'y avait pas d'alternative (désirable) au capitalisme.

Démocratie

Le terme « démocratie » signifie (étymologiquement) le « pouvoir » au peuple, c'est-à-dire à l'ensemble des citoyens. Ce terme suggère donc à chacun, qu'il a le pouvoir (en démocratie). Ceci est illusoire puisque chacun ne peut avoir « le pouvoir », celui-ci est nécessairement partagé.
La seule exception, est le cas où tout le monde parvient rapidement à tomber d'accord sur chaque décision. Dans ce cas, en effet, tout le monde est libre malgré les autres, voire même encore plus libre grâce aux autres puisque la coopération avec autrui permet de réaliser plus efficacement ses propres objectifs ! On parle alors d'unanimité.

Dans les autres cas (plus fréquents), le terme « démocratie » peut cependant être utilisé pour désigner un partage équitable du pouvoir : chacun a également voix au chapitre, participe également aux prises de décisions.
Mais cela reste vague et difficile à réaliser à grande échelle.

Le terme est souvent utilisé dans des sens encore plus éloignés de l'origine, et donc, plus « illusoires ».
Ainsi, il sert souvent à désigner un mode de prise de décision à la majorité (ce qui constitue un progrès par rapport à l'oligarchie).

Certains vont jusqu'à l'utiliser pour désigner un fonctionnement hiérarchique dans lequel les détenteurs du pouvoir sont périodiquement désignés par la population ou une partie seulement (généralement à la majorité). Un tel vote est appelé élection.
C'est pourquoi nous appellerons un tel régime une oligarchie élective.
Tout au plus, cette dernière peut être considérée comme un petit pas dans le sens de la démocratie, en partant d'une autocratie imposée par la force. Une oligarchie élective est également plus démocratique que la ploutocratie découlant du capitalisme.

Anarchie

Vu les dérives que nous venons d'évoquer autour du concept de communisme, il apparaît qu'une véritable alternative au capitalisme est ce qu'il serait plus prudent d'appeler : une « économie démocratique ».

Dans une économie démocratique, il n'y a évidemment pas de propriété privée, puisque cela impliquerait des pouvoirs autocratiques (dans un domaine donné) : ceux des propriétaires. Il n'y a pas non plus d'autre forme de hiérarchie. Bref, il n'y a pas d'individu susceptible d'imposer arbitrairement quelque chose à autrui. C'est ce que l'on appelle l'anarchie.
Le terme « anarchie » signifie en effet, étymologiquement : absence de pouvoir (politique).

La encore, certains n'ont pas manqué de détourner ce terme de son sens initial, en le confondant avec l'anomie (absence d'ordre), la loi de la jungle (évoquée au début), voire en l'associant à quelque manifestation violente (terrorisme).
Inversement, certains capitalistes extrémistes s'approprient parfois ce terme, arguant qu'il sont contre l'État. Ils tiennent cependant à la notion de propriété privée, proposant, faute d'État, la formation de milices privées pour défendre « leurs biens ». Il s'agit d'un retour à une sorte de régime féodale. Un régime féodal consiste en une juxtaposition de petits États autocratiques (les « fiefs », ici : les propriétés privées) ayant souvent entre eux des rapports hiérarchiques complexes. Ce régime est plus proche de la loi de la jungle que de l'anarchie. La loi de la jungle se manifeste dans un contexte où l'égoïsme reste dominant.

Suite : IV Philosophie

N'hésitez pas à réagir aux textes en utilisant le forum public ou votre forum perso .

Pour toute citation ou reproduction :

  1. Mentionner les sources (ici: l'adresse du présent site ou de la page) *.
  2. Pour une reproduction sur internet, ne citer que des extraits et mettre un lien hypertexte vers la page d'origine *.
  3. Pas d'utilisation commerciale ou lucrative *

* Sauf autorisation expresse de l'association.

Merci de votre collaboration.

Site optimisé pour Firefox >5

Plan du site