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Lexique humaniste rationnel

  1. Éthique Humaniste Rationnelle
    1. Résumé
    2. Bonheur
    3. Raison
    4. Délibération
    5. Corrollaires
  2. Communication HR
  3. Démocratie HR
  4. Économie HR

Éthique humaniste rationnelle (ou humanisme rationnel)

A Résumé

Consiste à poursuivre le plus grand bonheur possible de tout le monde en privilégiant la réduction des plus grandes souffrances, et en pratiquant une démarche rationnelle.

Précisions

B « bonheur » ?

  1. Nous entendons par bonheur, un niveau de satisfaction ou bien-être.
  2. La souffrance est considérée comme un bien-être négatif. Sa réduction accroît donc le bonheur (instantané).
  3. Il s'agit d'un bien-être ressenti, lequel ne se réduit pas à un bien-être physique.
  4. Seules l'intensité et la durée du bonheur sont prises en compte, abstraction faite de l'individu qui en jouit.
  5. Puisqu'il dure plus longtemps, le bonheur à long terme est privilégié sur le bonheur à court terme.
  6. De même, toutes choses égales par ailleurs, un accroissement de bien-être est privilégié s'il concerne un plus grand nombre de bénéficiaires.

C « Démarche rationnelle » ?

Nous appelons démarche rationnelle, l'application de l'ensemble des principes qui ont permis les progrès des sciences et techniques, et plus généralement, une remarquable efficacité à l'action humaine (par opposition à un simple réflexe animal).

Il s'agit principalement de

  1. se baser aussi fidèlement que possible sur l'observation et l'expérience,
  2. utiliser avec rigueur la logique élémentaire,
  3. utiliser des concepts suffisamment précis et stables (souvent quantitatifs),
  4. effectuer ses prédictions en se référant à des théories ayant fait la preuve de leur efficacité (confirmées à grande échelle par tous ceux qui appliquent la démarche rationnelle),
  5. être prudent et neutre dans l'établissement d'une "vérité" (en acceptant sa propre ignorance),
  6. etc.

Dans les cas où le temps et les connaissances nécessaires à une action rationnelle manquent, il peut être bien sûr opportun de se fier à l'instinct (ce qui est alors, en fin de compte, un choix rationnel).

D Délibération humaniste rationnelle

Un humaniste rationnel prendra donc ses décisions selon la procédure suivante :

  1. Inventorier différentes actions possibles (susceptibles d'accroître le bien-être des individus).
  2. Évaluer l'ensemble des niveaux de bien-être individuels (leur moyenne sur long terme) résultant de chacune de ces différentes actions possibles (l'évaluation des niveaux les plus faibles sera souvent suffisante).
  3. Sélectionner l'action de la façon suivante :
    • retenir les actions pour lesquelles le plus faible niveau (de bien-être individuel) est le plus élevé (qu'avec les autres options).
    • Si elles sont plusieurs, ne retenir parmi elles, que celles pour lesquelles le nombre de personnes concernées par ce niveau est le plus faible.
    • S'il en reste encore plusieurs, réitérer l'opération avec le niveau suivant
    • et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une.
    • Si, malgré tout, plusieurs actions restent en lice (cas très improbable), c'est qu'elles sont indifférentes pour le bonheur de chacun, et le choix parmi elles n'a donc aucune importance.

Cette procédure permet de sélectionner l'action à entreprendre pour résoudre un problème (choix parmi plusieurs solutions exclusives), mais aussi d'établir un ordre de priorité entre les actions à venir (ordre, qui sera probablement à remettre en cause au fur et à mesure de la survenue de nouvelles informations).

En pratique, des simplifications importantes peuvent être appliquées. De plus, les évaluations sont assez approximatives, ce qui limite le recours à des calculs fastidieux.

La durée et la pénibilité du travail de délibération sont elles-mêmes à prendre en compte dans l'évaluation, de sorte qu'il conviendra souvent de se contenter d'inventaires incomplets et d'évaluations de bien-être approximatives, en particulier dans les cas d'urgence ou de faible enjeu.
Il en résultera souvent des options indifférentes (car ex-aequo à l'incertitude près), ce qui n'est pas très gênant d'un point de vue humaniste.

Une fois la délibération terminée, l'humaniste rationnel va bien sûr mettre en oeuvre dès que possible une des options retenues (ce qui peut conduire à d'autres délibérations).

E Quelques conséquences (moyens privilégiés)

Notons que l'humanisme rationnel est plus favorable à la réduction de la souffrance qu'une éthique qui se limiterait à préserver la vie (qui pourrait entraîner, par exemple, de la surpopulation) et qu'il est plus favorable à la préservation de la vie qu'une éthique qui se limiterait à réduire la souffrance (tuer tout le monde éliminerait durablement la souffrance, mais aussi le bonheur...)

Il résulte du point B4 ci-dessus qu'aucune différence de traitement ne peut être fondée sur autre chose que la maximisation du bien-être de tous en commençant par la réduction des plus grandes souffrances (d'où la notion d'humanisme, par opposition aux différentes formes d'égoïsme).
Cela vaut pour les êtres non-humains, étant entendu que leur sensibilité à la souffrance peut être estimée différente de celle des humains (du fait de différences de structures nerveuses).

Il résulte des points B5 et B6, qu'un humaniste rationnel va privilégier, toutes choses égales par ailleurs,

Il en résulte également un soin particulier apporté à la préservation de l'équilibre écologique (lutte contre la pollution et le pillage des ressources).

De même, une transformation psychologique conduisant à un objectif humaniste sera particulièrement recherchée car ayant de grandes chances d'induire une réaction en chaîne et donc, un changement rapide à grande échelle, surtout si elle s'accompagne d'une démarche rationnelle (car les actions seront alors plus efficaces). La chose est d'autant plus réaliste que la bienveillance est une source de bonheur pour le sujet lui-même…

La démarche rationnelle sera évidemment promue, mais surtout dans les domaines où elle participe le plus assurément à l'accroissement du bonheur, à savoir : philosophique (recherche de la sagesse) et politique (recherche d'une bonne organisation collective). D'autant plus que ce sont les domaines où elle est le moins présente actuellement (de sorte que, tragiquement, cette démarche est essentiellement mise au service de l'auto-destruction !)

II Communication humaniste rationnelle

La communication humaniste rationnelle comporte, outre, l'adoption par chacun des protagonistes, de l'éthique que nous venons de voir, l'adoption des règles pratiques suivantes.

  1. Une réflexion préalable concernant l'opportunité de la transmission d'un message (du fait de sa nature et de ses destinataires), au vu de ses conséquences probables sur le bien commun (l'objectif humaniste rationnel). On veillera à exprimer tout ce qui a intérêt à l'être et seulement cela.
  2. Le rappel à ses propres objectifs humanistes, par la pratique du calme intérieur et l'attention à ses propres émotions.
  3. Une bienveillance inconditionnelle envers autrui, se traduisant par l'intelligibilité de ses propres propos, l'écoute de l'autre (ce qui suppose de le laisser s'exprimer !), des réponses aidantes à ses questions (ou au moins, un accusé de réception !)
  4. Une vigilance face à sa propre défensivité. On commencera par voir ce que l'on peut améliorer en soi-même avant d'accuser les autres.
  5. Une vigilance à bien rester dans le sujet discuté, au niveau des idées.
  6. L'évitement de toute forme de pression ou manipulation (représailles, chantage, culpabilisation, flatterie ou dénigrement, expression d'autorité, connotations ou objectivations abusives etc.)
  7. En d'autres termes, il s'agit de faire appel, autant que possible, à la raison, et donc, lorsqu'une affirmation, une demande ou une décision risque de ne pas être évidente, de prendre la peine de l'expliquer.
  8. Une grande prudence face à l'interprétation, impliquant suffisamment de demandes de précision avant d'établir certains jugements (de la part du récepteur), et l'emploi d'un langage suffisamment précis et univoque (de la part de l'émetteur).
  9. Une conscience du caractère conventionnel et souvent fluctuant des définitions, impliquant de chercher le sens qu'entend le locuteur (pour interpréter correctement sa pensée).
  10. La conscience du caractère souvent artificiel et illusoire des concepts émanant d'une utilisation un peu trop libre du langage.

III Démocratie humaniste rationnelle (ou « ucratie »)

Il s'agit d'une structure où les délibérations se prennent autant que possible collectivement et directement par l'ensemble des citoyens (ou membres), et conformément aux principes humanistes rationnels (éthique et communication).
De plus, les principes suivants doivent être respectés :

  1. Dans la mesure du possible, tout « citoyen » a accès à toutes les informations, et est informé des délibérations à venir, d'autant plus soigneusement que celles-ci le concernent fortement.
  2. Tout citoyen peut, aussi facilement que possible, intervenir directement dans toutes les prises de décisions (sous réserve d'en respecter lui-même les règles de fonctionnement).
  3. Les tâches susceptibles d'un risque d'abus de pouvoir (dont celles nécessaires à l'organisation des délibérations collectives), sont particulièrement contrôlées, grâce à une grande transparence (observation possible par tous les citoyens).
  4. Ces tâches sont réduites le plus possible à l'exécution d'une procédure connue et décidée collectivement (pour éviter tout pouvoir discrétionnaire).
  5. De plus, elles sont également attribuées à tour de rôle (de préférence par tirage au sort) à l'ensemble des personnes disposant des compétences nécessaires et d'un niveau de fiabilité suffisant (pas d'élections). Dans la mesure du possible, les critères de ces évaluations sont eux-mêmes établis en recourant aux principes de la démocratie humaniste rationnelle.
  6. Le mode de délibération doit être aussi efficace que possible (tout en respectant les principes précédents).

Exemple d'organisations possibles
À tout moment, chaque citoyen pourra faire des suggestions ou soulever des problèmes, sur n'importe quel thème. Des discussions pourront alors s'engager à leur sujet, respectant les principes de l'humanisme rationnel (éthique, communication...), de façon à les valider ou pas. Des quorums (nombre minimum d'intervenants) et durées minimums avant décision pourront être exigés, en fonction de l'importance du sujet.
En cas d'opportunité d'amélioration du bien-être bénéficiant d'une action rapide, un grand nombre de citoyens seront spécialement sollicités, ou une commission chargée de la décision sera tirée au sort, afin de garantir une délibération effective et rapide.

IV Économie humaniste rationnelle

L'économie correspond à l'ensemble des décisions relatives à la gestion des biens matériels (production, distribution, consommation). Vu le nombre et la complexité de ces décisions il est en pratique nécessaire d'établir des règles de fonctionnement (que l'ensemble des citoyens doivent respecter). Ces règles constituent un modèle économique (ou type d'économie).

Tout naturellement, une économie « humaniste rationnelle » devra assurer un maximum de bien-être, et ce, équitablement. Elle devra également garantir la préservation d'un environnement permettant la survie et une santé satisfaisante aux générations futures.

Un moyen simple de permettre cela est de demander aux citoyens d'évaluer un niveau de bien-être qu'ils pensent probablement avoir pour les différentes activités (de production ou de consommation), puis de déterminer les productions et répartitions du travail et de la consommation qui maximisent équitablement le bien-être calculé à partir de ces données (c'est-à-dire en appliquant l'algorithme vu plus haut de délibération humaniste rationnelle). La préservation de l'environnement peut être garantie simplement en ajoutant quelques contraintes dans ce calcul (limitation des quantités totales de certains prélèvements et rejets).

Notons qu'il est important, dans le choix d'une organisation « humaniste rationnelle », de prendre en compte l'effet de cette organisation sur la psychologie des individus.
Ainsi, une organisation offrant aux individus la possibilité d'acquérir des avantages importants induit, à cause des désirs et attachements qu'ils suscitent, des conflits, de la violence et plus généralement, une négligence du bien commun...
Ainsi, une organisation n'offrant pas de sécurité suffisante (sa viabilité reposant sur des hypothèses incertaines, souvent trop optimistes) génère également des comportements égoïstes (chacun étant alors tenté de se préoccuper individuellement de sa sécurité)...