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Ukratio, pour une société vraiment plus juste, durable et fraternelle

Foire aux questions

N'hésitez pas à nous communiquer vos avis grâce au bouton en bas à droite... (après avoir vérifié que la question suivante ne répond pas à votre préoccupation !)

1 Pourquoi aller jusqu'à supprimer l'argent, ne suffirait-il pas de limiter les excès du capitalisme ? de se réapproprier la création monétaire ? de faire des monnaies locales ?

2 L'argent n'est-il pas qu'un moyen ?

3 Toutes les grandes civilisations ont connu l'argent...

4 S'il n'y a pas d'argent, c'est le retour au troc ?!

5 La possession n'est-elle pas un besoin fondamental, un droit garant de la liberté individuelle ?

6 C'est quoi le « bien commun » ?

7 Remettre ainsi en cause le capitalisme, n'est-ce pas le communisme ? Ce dernier n'a-t-il pas été un échec ?

8 Sans argent, ne va-t-il va manquer de volontaires pour les tâches nécessaires les moins passionnantes ? Les premiers à se servir ne vont-ils pas dévaliser les magasins ?!

9 Mais alors, c'est liberticide, ça va être la dictature du collectif !

10 Mais si cette éthique commune ne me convient pas ?

11 Quelle est donc cette éthique commune ?

12 Le bonheur n'est-il pas une conception bourgeoise, occidentale ?

13 Le bonheur des uns ne fait-il pas, parfois, le malheur des autres ?

14 Ne va-t-on pas sacrifier les générations futures sur l'autel du bonheur des générations présentes ?

15 Ne va-t-on pas sacrifier le bien-être animal sur l'autel du plaisir des humains ?

16 L'égoïsme n'est-il pas un trait de la nature humaine ? ne se manifestera-t-il pas toujours d'une façon ou d'une autre ?

17 Celui qui veut dominer n'y parviendra-t-il pas toujours ?

18 Et que faites-vous du pouvoir informel ?

19 La rationalité est-elle suffisante ? des gens d'avis opposés ne peuvent-ils pas argumenter indéfiniment sans se mettre d'accord ?

20 Mais comment estimer des bonheurs, n'est-ce pas fort subjectif ?

21 L'absence de rémunération n'est-elle pas injuste, avec risque de jalousie envers ceux qui travaillent moins ou sont affectés à une tâche plus agréable ?

22 Si tout le monde fait ce qu'il préfère, qui va faire les tâches les moins passionnantes ?

23 Si le travail est obligatoire, la motivation ne va-t-elle pas manquer ? Cela ne tue-t-il pas le désir ?

24 Pourquoi la pénibilité du travail sera-t-elle moindre que celle qui existe aujourd'hui ?

25 Mais comment être sûr que les décisions soient bien prises conformément à l'éthique commune ?

26 Qui effectuerait les tirages au sort, et autres choix d'affectation aux tâches de délibération ou de surveillance ? N'y a-t-il pas là un risque de pouvoir discrétionnaire ?

27 Mais si l'on englobe le domaine économique, le nombre et la technicité des décisions n'est-il pas considérable, au point qu'il est difficile de les traiter ainsi, même avec de nombreux jurys en parallèle ?

28 Si l'on recourt à l'informatique, n'y a-t-il pas un risque de piratage ?

29 Comment comparer des bonheurs de personnes différentes ? Des gens ne peuvent-ils pas tricher en exagérant leurs niveaux de bonheur ou de souffrance ?

30 Tout ça est bien joli, mais ça ne risque pas de rester du domaine de l'utopie ? On fait comment pour accéder à cette nouvelle société à partir de la réalité concrète d'aujourd'hui ?

31 N'est-ce pas sectaire, totalitaire, utilitariste, idéaliste, anarchiste, socialiste etc. ?

32 Autre question !

1 Pourquoi aller jusqu'à supprimer l'argent, ne suffirait-il pas de limiter les excès du capitalisme ? de se réapproprier la création monétaire ? de faire des monnaies locales ?

Il faut bien comprendre que les principaux problèmes sont liés au système monétaire lui-même.
La possession monétaire, c'est-à-dire, le droit à consommer tout ce que l'on veut à hauteur d'un certain montant est par nature extrêmement désirable. De plus, ce système, en facilitant les « échanges », rend encore plus désirable la possession (en ajoutant la valeur d'échange à la valeur d'usage) qui l'était déjà beaucoup par nature (voir plus bas la question concernant la possession). D'où un accroissement considérable de la soif de « richesses » (ou « cupidité »).
Or, celle-ci est à l'origine de l'essentiel de la criminalité, et en particulier, de la destruction de l'environnement et de la corruption. Le désir et la puissance induits par l'argent limitent considérablement le pouvoir politique : difficile de faire respecter les lois, qui seront immanquablement contournées par les plus riches, ou alors c'est une surenchère dans la répression et donc la violence.
On comprend donc l'intérêt de trouver une alternative à ce système, si l'on veut une société sensiblement meilleure.

Donc, oui, certes, on peut faire plein de choses, qui peuvent apporter quelques améliorations, mais si on peut rapidement faire beaucoup mieux, pourquoi s'en priver ? Et dès lors, pourquoi consacrer du temps à rafistoler ce que l'on peut avantageusement remplacer ?



2 L'argent n'est-il pas qu'un moyen ?

L'argent au sens d'une somme d'argent, dans le cadre d'un système monétaire, oui, bien sûr... Mais nous ne parlons pas de ça ici.
Pour penser proprement, nous devons donner aux mots un sens précis et fixe.
Nous parlons d'un système économique, basé sur l'argent et la possession. Pour le citoyen de base, ce système n'est pas un moyen, c'est une contrainte, un cadre.
Ce système crée des nécessités, des tentations, des intérêts économiques. C'est lui qui nous détermine, non le contraire...

Sauf si l'on réfléchit au choix du meilleur système. Mais alors, ce système « monétaire » ne serait pas un moyen neutre : il permettrait d'accroître l'égoïsme mais pas de le réduire...



3 Toutes les grandes civilisations ont connu l'argent...

Et toutes les grandes civilisations ont été coutumières du crime, de la guerre, de l'oppression... allez savoir pourquoi...
Si un problème est ancien, c'est sans doute que sa cause l'est aussi...

Après, il faut être clair sur ce que l'on veut : améliorer les choses ou perpétuer l'existant ?
Et pourquoi une civilisation sans argent ne pourrait-elle être « grande » ?



4 S'il n'y a pas d'argent, c'est le retour au troc ?!

Point du tout. Il y a une alternative plus radicale : le partage : on décide ensemble de qui fait quoi plutôt que s'échanger des possessions (droits de décider seul de qui fait quoi dans un domaine donné).
La possession est un pouvoir hiérarchique discrétionnaire... On accéderait donc ainsi à une véritable démocratie, dans le domaine économique...



5 La possession n'est-elle pas un besoin fondamental, un droit garant de la liberté individuelle ?

Entendons nous bien, nous parlons ici de la possession en tant que pouvoir discrétionnaire, sorte de petite monarchie.
On peut parfaitement conserver une possession au sens d'un simple droit d'utilisation, ou même de pouvoir de décision mais non discrétionnaire.
Ainsi, une personne pourra toujours être utilisateur prioritaire ou gardienne d'un bien. Mais si l'utilisation qu'elle en fait (ou un refus de prêt) s'avère clairement incompatible avec le bien commun, l'avis du groupe, par décision ucratique (voir plus bas ou ici), l'emporterait.
Les gens disposeront donc ainsi des biens nécessaires (à leur bien-être), leur garantissant une certaine tranquillité, sans que cela ne s'oppose au bien commun...

Il ne faut pas confondre « besoin » avec « tendance ». Un besoin se caractérise par une souffrance inévitable lorsque son objet fait défaut.
Un besoin humain c'est, par exemple, de pouvoir manger à sa faim, de ne pas avoir froid, de vivre en sécurité, sans être excessivement dérangé, de pouvoir exprimer ses idées, de participer à la vie de la cité...
Mais pouvoir imposer quelque chose définitivement à autrui n'est nullement un besoin humain. On peut vivre sans cela en étant très heureux ! D'autant plus, que l'absence de tels pouvoirs permet des rapports plus harmonieux avec autrui (autre besoin humain réel).



6 C'est quoi le « bien commun » ?

En ucratie, la chose est précisément définie :
Le plus grand bonheur possible du plus grand nombre possible, en commençant par les bonheurs les plus faibles.



7 Remettre ainsi en cause le capitalisme, n'est-ce pas le communisme ? Ce dernier n'a-t-il pas été un échec ?

On peut toujours définir le communisme ainsi, ce qui correspond à un sens très général du terme, mais il ne faut pas alors changer le sens de ce dernier au cours d'un même raisonnement ! Car en effet, ce qui a essuyé un échec est une forme bien particulière de « communisme ». Tout ce que l'on peut conclure d'un échec est l'échec de la chose précise qui a été faite. Généraliser ainsi, aussi grossièrement, est une faute de logique. Tous les communismes (au sens large) n'ont pas été essayés, loin s'en faut (il y a plus de communismes possibles que de capitalismes, puisque le capitalisme se définit par la présence d'un pouvoir bien particulier !)

L'échec des socialismes autoritaires du XXème siècle (y compris sur le plan économique) découle principalement du fait qu'il s'agissait de systèmes avec une structure hiérarchique pyramidale. Or, c'est précisément le contraire de ça que nous envisageons de faire ici...



8 Sans argent, ne va-t-il va manquer de volontaires pour les tâches nécessaires les moins passionnantes ? Les premiers à se servir ne vont-ils pas dévaliser les magasins ?!

Point du tout, car la répartition de la consommation et du travail se fera par une décision collective... Les gens ne se serviront donc pas individuellement, sans concertation...



9 Mais alors, c'est liberticide, ça va être la dictature du collectif !

Point du tout, car les décisions ne vont pas se prendre conformément à l'avis d'une majorité (éventuellement influencée par d'habiles manipulateurs), mais conformément à une éthique universelle, connue de tous et à laquelle tout le monde adhère.
Si donc les décisions se font conformément à mon éthique, c'est bien que je suis libre...

De plus, grâce à l'efficacité de l'organisation ucratique (voir réponses plus bas), les délibérations seront rapides, chacun pouvant y participer.
Voir également : liberté, égalité, fraternité.



10 Mais si cette éthique commune ne me convient pas ?

Vous êtes alors libre de rejoindre ou former un groupe fonctionnant d'une façon différente, qui vous convienne. L'ucratie n'a pas vocation à s'imposer par la force.
Cependant, ses avantages sont tels qu'elle se répandra probablement d'elle-même à la quasi majorité de la population, par libre consentement...
L'inconfort pour ceux qui, ne partageant pas l'éthique, vivraient tout de même en ucratie, sera, en pratique, bien faible.
Mais par souci de la liberté individuelle, la possibilité de vivre selon un autre système sera toujours assurée à ceux qui le souhaitent.
La seule limite sera alors qu'ils ne nuisent pas trop à autrui et au bien commun que constitue l'écosystème...



11 Quelle est donc cette éthique commune ?

Elle se caractérise par un objectif et une méthode.
L'objectif est le plus grand bonheur possible du plus grand nombre possible, en commençant par les bonheurs les plus faibles.
La méthode est la démarche rationnelle.

Cette dernière permet de s'accorder sur les moyens d'atteindre l'objectif...
Cette éthique permet donc une remarquable harmonie entre les gens (d'où l'appellation « harmonisme rationnel »).

Elle est aussi particulièrement consensuelle, universelle.
Elle permet donc de former une société comportant un très grand nombre de personnes, d'où une importante sécurité et l'efficacité économique (pour ses membres)...



12 Le bonheur n'est-il pas une conception bourgeoise, occidentale ?

Une certaine vision du bonheur, peut-être, mais pas ce dont nous parlons ici. Nous parlons simplement du niveau de bien-être, du fait d'être heureux (ou moins malheureux), ce qui est une perception subjective immédiate, universelle. Il ne faut pas confondre le bonheur avec les moyens de l'accroître, qui eux, dépendent évidemment des individus.



13 Le bonheur des uns ne fait-il pas, parfois, le malheur des autres ?

Bien sûr, c'est pourquoi, lorsque nous parlons du « plus grand bonheur », c'est du plus grand bonheur de tous, équitablement : « en commençant par les plus faibles ».
Nous considérons une souffrance comme un bonheur négatif. Les bonheurs les plus faibles sont donc les plus grandes souffrances.
Plus précisément, pour choisir entre deux options (lors d'une prise de décision), on compare tous les bonheurs individuels qui résultent de chacune, en partant des plus faibles et on adopte la première (des deux options) pour laquelle on rencontre ainsi un bonheur individuel plus élevé. Priorité est donnée, donc, à la réduction des plus grandes souffrances.
Il s'agit d'un utilitarisme solidaire. Par construction, il n'y a plus d'exploitation.



14 Ne va-t-on pas sacrifier les générations futures sur l'autel du bonheur des générations présentes ?

Certainement pas, car quand nous disons « bonheur du plus grand nombre », il va de soi que les générations futures constituent le plus grand nombre. Nous parlons du bonheur à long terme...
La préservation de l'environnement sera donc tout naturellement une priorité, contrairement à aujourd'hui, où elle est sacrifiée sur l'autel de l'égoïsme induit par l'argent, la possession et la poursuite du pouvoir en général.



15 Ne va-t-on pas sacrifier le bien-être animal sur l'autel du plaisir des humains ?

Non pas, car là encore, le « plus grand nombre » inclut tous les êtres sensibles.

Reste à estimer le degré de sensibilité à la souffrance des différentes espèces vivantes, qui n'est sans doute pas le même. Mais non, ni racisme ni spécisme en ucratie !



16 L'égoïsme n'est-il pas un trait de la nature humaine ? ne se manifestera-t-il pas toujours d'une façon ou d'une autre ?

L'égoïsme est un concept quelque peu illusoire. Est-ce que désirer son propre bonheur est mauvais ? Si je trouve mon bonheur dans celui des autres... ou même d'une façon qui ne nuit à personne ? Clairement, non !
Ce qui doit être dénoncé est la poursuite d'un but qui nous place en compétition avec autrui, en porte-à-faux avec le bien commun. Or, qu'est-ce qui induit cela d'une façon pratiquement systématique ? Est-ce l'instinct de survie ou la soif de pouvoir personnel exclusif (argent, possessions, grades etc.) ?
Voilà pourquoi, la suppression de ces pouvoirs exclusifs (aujourd'hui très répandus) est ce qui doit être prioritaire pour quiconque, doué de raison, aspire à un monde plus paisible et durable.
Abolir complètement l'égoïsme est une vue de l'esprit qui nous égare, car ce n'est ni très réaliste, ni très utile (une fois que l'égoïsme a été drastiquement réduit). Ok, des gens continueront à se battre s'ils se trouvent en compétition pour la survie. Mais cela ne se produira qu'exception­nellement, à l'occasion de quelque catastrophe localisée. Aujourd'hui, potentiellement, il y a de quoi offrir bien plus que le minimum vital à tout le monde...

Et si l'ucratie éliminerait l'égoïsme qui fait le plus de ravages actuellement (la soif de pouvoir), il n'est pas interdit d'aller plus loin, grâce à l'éducation, des valeurs différentes.
Donc, oui, on peut toujours réduire l'égoïsme. La « nature humaine », nos gènes ne déterminent que des tendances, des potentialités. On peut changer considérablement les choses en intervenant au niveau de l'acquis. Va-t-on ne rien faire sous prétexte que la perfection n'est pas immédiatement au rendez-vous ?



17 Celui qui veut dominer n'y parviendra-t-il pas toujours ?

Non, pas « toujours » : seulement s'il est suffisamment déterminé et que la chose est suffisamment aisée.
Or, ce que nous proposons est un système où la chose est rendue extrêmement difficile, et où l'envie de le faire est également réduite (les gens ne rêvent guère d'obtenir que ce qui est présenté à leur « regard », placé à leur portée).
La domination sera donc moins présente. Sans compter que l'on pourra, en parallèle, éduquer à d'autres valeurs...

Ce qui est vrai est que si l'on ne supprime pas toutes les formes de pouvoir discrétionnaire, le problème se concentre sur les pouvoirs restants. Ainsi, dans le passé, il est arrivé que l'on supprime l'argent (ou réduise la possession) mais pas le pouvoir politique. La domination s'est alors reportée sur le pouvoir politique.
Mais si l'on abolit toute forme de pouvoir, c'est complètement différent... C'est seulement s'il existe, qu'il est possible, qu'un pouvoir est poursuivi.



18 Et que faites-vous du pouvoir informel ?

On l'extermine tout autant que les autres .
En effet, le pouvoir informel repose sur la manipulation, dont la démarche rationnelle est l'antidote...
Le fait que, lors des délibérations, des arguments rationnels sont nécessaires, qu'il y ait un grand nombre de gens chargés ou susceptibles de vérifier ce qui est fait ou affirmé (voir plus bas), y compris la rationalité des arguments, sans proximité physique particulière, élimine pratiquement cette forme de pouvoir.
L'argument d'autorité, par exemple, n'est pas rationnel...



19 La rationalité est-elle suffisante ? des gens d'avis opposés ne peuvent-ils pas argumenter indéfiniment sans se mettre d'accord ?

La rationalité permet un accord bien plus qu'on ne le croit, car il ne faut pas confondre une simple argumentation (pas toujours très rationnelle), avec la véritable démarche rationnelle, qui est très rigoureuse.
Cette dernière est généralement très peu respectée dans la plupart des échanges verbaux actuels (et passés), et même dans la pensée humaine en général. Ce n'est que dans le domaine scientifique (et encore: surtout les sciences exactes), qu'on a commencé à la mettre en oeuvre un peu sérieusement. Et l'on en voit les résultats remarquables...
Si les gens d'avis opposés ont souvent du mal à se mettre d'accord, et que les débats s'éternisent, c'est précisément parce qu'ils manquent de rationalité, que la rationalité n'est souvent qu'apparente (ce qui est d'ailleurs une forme de manipulation).
Ce peut être aussi parce qu'ils ne poursuivent pas le même but... Aujourd'hui, le mode d'organisation basé sur les pouvoirs discrétion­naires, fait qu'il est rare que deux personnes poursuivent le même but...

Si malgré tout, un accord nécessaire et urgent a trop de mal à être atteint, on pourra toujours recourir à une majorité... Mais seulement dans ce cas !



20 Mais comment estimer des bonheurs, n'est-ce pas fort subjectif ?

Certes, il ne s'agit pas là d'une grandeur physique objectivement mesurable. Du moins, pas encore. Mais une personne peut fort bien estimer son bonheur en le positionnant sur une échelle relative : très heureux, moyennement heureux, neutre, mal à l'aise etc. Elle peut comparer quantitativement des bonheurs qu'elle a ressenti à différents instants, et même, forte de son expérience, prédire celui qu'elle pense éprouver dans telles ou telles circonstances.
Pour estimer le bonheur de quelqu'un, on demandera donc, autant que possible, à la personne concernée de le faire.
Les gens qui seront chargés d'une décision collective pourront commander des sondages...
Par ailleurs, il y a des traits psychologiques communs à tous les humains. Par exemple, la satisfaction des besoins les plus fondamentaux pourra être prioritaire sur celle d'aspirations qui le sont moins.



21 L'absence de rémunération n'est-elle pas injuste, avec risque de jalousie envers ceux qui travaillent moins ou sont affectés à une tâche plus agréable ?

Pas en ce qui concerne le système ucratique, car précisément, la répartition sera juste.
Celui qui travaillera plus, aura droit, typiquement, à plus de consommations (nécessitant plus de travail d'autrui) ! Il ne s'agit pas vraiment d'une rémunération (les gens ne travailleraient pas spécialement pour ça), mais d'un résultat de la contrainte d'équité (qui fait partie de l'éthique commune).

Celui qui travaillera plus sera tout naturellement quelqu'un qui aura indiqué une moindre pénibilité pour le travail (celui qui lui sera attribué), et un plus grand bonheur à consommer (les biens ou services qui lui seront attribuées).
Ainsi, chacun aura bien le mode de vie qu'il préfère (dans la limite où il n'exploite pas autrui)...



22 Si tout le monde fait ce qu'il préfère, qui va faire les tâches les moins passionnantes ?

Tout d'abord, du fait de la diversité des goûts, il est possible que des gens apprécient ce que d'autres considèrent comme pénible, de sorte que, potentiellement, tout peut être fait, chacun s'activant à ce que le passionne le plus.
Cependant, cette éventualité est peu probable : il y a souvent des choses à faire nécessitant beaucoup de main d'oeuvre, mais qui, globalement, passionnent moins les gens.
Bien sûr, l'automatisation sera privilégiée pour décharger l'homme au maximum des travaux les plus pénibles. Bien sûr, ces activités peuvent être rendues plus agréables par divers artifices. Reste que cela n'élimine pas complètement le problème à un instant donné.

Typiquement, donc, ces activités moins passionnantes vont être partagées entre tout le monde. S'y consacreront un peu plus ceux qui les détestent moins et/ou qui ne sont pas particulièrement utiles ailleurs (du fait de compétences rares, par exemple). Ces activités étant partagées entre un grand nombre d'acteurs, la peine sera moindre pour chacun.

Donc, non, chacun ne fera pas précisément et tout le temps « ce qu'il préfère ». Il fera autant que possible ce qu'il préfère, la limite étant dictée par la nécessité de certaines productions et l'équité entre tous.



23 Si le travail est obligatoire, la motivation ne va-t-elle pas manquer ? Cela ne tue-t-il pas le désir ?

Tout d'abord, le travail ne sera pas plus « obligatoire » qu'il ne l'est aujourd'hui. Il le sera même moins dans la mesure où la sanction sera moindre. Aujourd'hui, celui qui refuse de travailler (voire pire : qui n'a pas la chance d'avoir trouvé du « travail » !) est privé de toute ressource (au point que beaucoup en meurent) ; là, la sanction sera juste suffisante (pour que le système fonctionne bien). L'idée est en effet de favoriser d'autres motivations. Il s'agira probablement d'une privation de quelques avantages matériels.

Ensuite, l'obligation est d'autant plus ressentie qu'elle concerne une chose pénible. Or, la pénibilité du travail sera bien moindre qu'aujour­d'hui (voir la réponse suivante).

Surtout, d'autres motivations seront bien plus importantes qu'elles ne le sont aujourd'hui, à commencer par la satisfaction d'agir pour le bien commun, l'amour altruiste.
En effet, la répartition des activités économiques étant déterminée de façon à accroître le bonheur de tous équitablement, par construction, chacun agira d'une façon optimale pour le bien commun. Bien plus, même, que ne le font aujourd'hui, les quelques personnes faisant du bénévolat. La générosité brouillonne, hâtive, ne conduit pas forcément à plus de justice, et peut être, aujourd'hui, facilement détournée de son objet (par quelque habile manipulateur).
L'aspect pédagogique ne sera pas négligé. L'intérêt du système sera évidemment expliqué à toute personne souhaitant le rejoindre, de façon, précisément, à mettre en avant les motivations les plus nobles. Lorsque l'on sait que la pratique de l'altruisme développe l'altruisme, on comprend l'intérêt d'un tel système, et de même, la nuisance d'un système qui développerait l'égoïsme...
Signalons encore une motivation intermédiaire : celle de l'image de soi, du fait que cet altruisme sera rendu visible. Les gens pourront travailler dans le but d'avoir une image positive auprès des autres. Disons qu'il y a là une garantie supplémentaire au bon fonction­nement de ce système (y compris par le renforcement de l'altruisme, la pratique pouvant susciter l'attitude correspondante !)

En résumé, le caractère obligatoire ne sera qu'un ultime garde-fou, d'autres motivations seront privilégiées, plus nombreuses et positives qu'aujourd'hui... Ce caractère ne tuera donc pas la motivation ; en tout cas : bien moins qu'il ne le fait déjà aujourd'hui, où pourtant, la motivation se porte bien...



24 Pourquoi la pénibilité du travail sera-t-elle moindre que celle qui existe aujourd'hui ?

Pour les raisons suivantes :
1/ Dans les limites des contraintes de nécessité et de justice sociale, chacun fera ce qu'il préfère (c'est loin d'être le cas aujourd'hui).
2/ La coopération optimale à grande échelle induira moins de gaspillage (et donc de travail inutile) : plus de secret industriel, de publicité, d'obsolescence programmée, moins de travail de police, de justice, de soins médicaux (dus à la compétition) etc.
3/ La consommation de chacun sera globalement moindre du fait que celle-ci ne représentera plus la « réussite », et que les désirs ne seront plus suscités par la publicité (mais par ce que chacun aura sondé en lui-même). D'où moins de travail de production.
4/ Le travail sera conçu pour être agréable et non seulement productif. Le bien-être équitable de tous sera, en effet, l'objectif premier (en lieu et place des profits de quelques privilégiés).
5/ C'est généralement lorsque la durée du travail est longue que la pénibilité apparaît. La répartition des tâches moins passionnantes entre un plus grand nombre d'acteurs fait donc plus que diviser la pénibilité...



25 Mais comment être sûr que les décisions soient bien prises conformément à l'éthique commune ?

Il ne saurait être question de certitude, ici comme en toutes choses d'ailleurs, dans le monde réel !
Cependant, on peut mettre en place des moyens de s'approcher de cette certitude.
Tout d'abord, suffisamment de gens, suffisamment compétents seraient affectés à une décision donnée (pour limiter le risque d'erreur). Plus une décision serait importante, plus ce nombre serait élevé, de même que le temps et les moyens matériels consacrés à ce travail.
Ces personnes ne seraient pas désignées sur la base d'un éventuel désir de participation à la décision (car risque d'intérêts personnels en jeu), mais uniquement sur la base de leurs compétences et désir pour le type d'activité. Un tirage au sort pourra intervenir dans ce processus.
Par ailleurs, les délibérations de ces jurys décisionnaires seront transparentes : tout le monde pourra voir ce qui se passe et vérifier que le cahier des charges (ici: le respect de l'éthique) est respecté. Des gens pourront même être spécialement affectés à cette surveillance (pour être sûr que suffisamment de gens surveillent !)
On voit donc qu'ainsi, il y a peu de chances que les décideurs puissent profiter de leur fonction pour s'avantager personnellement (une telle fraude serait sanctionnée). Du coup, cette fonction ne serait pas spécialement désirable. Il n'y aurait donc plus cette forte désirabilité du pouvoir, donc nous avons déjà évoqué les conséquences funestes...

On aura noté que tout est fait pour que les décisions soient de bonne qualité, à la différence d'une démocratie où tout le monde peut donner un avis sans avoir à le motiver, ni à réfléchir, ni à avoir une quelconque compétence en rapport avec la décision, sans même parler des interférences avec des intérêts personnels ou claniques...



26 Qui effectuerait les tirages au sort, et autres choix d'affectation aux tâches de délibération ou de surveillance ? N'y a-t-il pas là un risque de pouvoir discrétionnaire ?

Ce risque peut pareillement être réduit : il s'agirait là d'une activité tout aussi transparente que les autres, et même, comme on peut aisément le comprendre, particulièrement surveillée.
Surveillée, comme nous l'avons vu, par tous ceux qui le souhaitent. Sur une population de plusieurs millions d'individus, il est clair qu'il y aura forcément des gens qui ne manqueront pas de s'en charger (à leurs heures perdues). D'où un niveau de garantie très élevé.

En somme, l'ucratie est bien une démocratie, en ce sens que c'est bien le peuple, c'est-à-dire l'ensemble des citoyens, qui a toujours le dernier mot, qui surveille tout ce qui se passe.



27 Mais si l'on englobe le domaine économique, le nombre et la technicité des décisions n'est-il pas considérable, au point qu'il est difficile de les traiter ainsi, même avec de nombreux jurys en parallèle ?

Oui, mais la solution existe. Bienheureusement, les délibérations économiques peuvent être automatisées, grâce aux progrès de l'informatique (et à la précision de l'éthique commune).
En effet, la mise en oeuvre de cette éthique se traduit par un algorithme simple, qui peut être introduit dans des ordinateurs.
Il suffit que chacun indique des niveaux de bonheur pour les différentes activités économiques désirées ou pressenties, et on fait le calcul en utilisant ces informations (plus de précisions ici).

Ainsi, la répartition du travail et de la consommation serait optimale, du moins, presque, puisqu'il y aura toujours une petite imperfection due au fait que :
1/ Une personne peut se tromper dans l'estimation de son bonheur personnel futur (pour un type d'activité). Mais elle ne manquera pas de la corriger au fur et à mesure de ses expériences (ou humeurs du moment).
2/ Des erreurs et approximations sont toujours possibles (voir inévitables) dans l'estimation des ressources, des meilleures méthodes de production etc. Ce travail étant confié à suffisamment de gens compétents, elles pourront être maintenues raisonnablement faibles.
3/ Il est possible qu'il faille procéder à des approximations calculatoires pour que les estimations puissent être faites en un temps raisonnablement court (car les ordinateurs ne seront jamais infiniment puissants).

Mais ces imperfections inévitables sont dérisoires au regard des nuisances et injustices secrétées par les actuels systèmes politiques et économiques.
Il s'agirait d'un progrès considérable ! Et c'est bien cela qui doit motiver l'action. Il faut aller là où le bénéfice est le plus important, pas se contenter de rêver d'une perfection irréaliste...



28 Si l'on recourt à l'informatique, n'y a-t-il pas un risque de piratage ?

Là encore, c'est pareil qu'avec le risque de fraude de la part d'un jury : il y aura suffisamment de contrôleurs.
Certes ce contrôle-là pourra nécessiter quelques compétences en informatique, mais suffisamment de gens les ont pour que la garantie soit suffisante.



29 Comment comparer des bonheurs de personnes différentes ? Des gens ne peuvent-ils pas tricher en exagérant leurs niveaux de bonheur ou de souffrance ?

Pour répondre à ce problème, les indications des personnes sont normalisées (avant d'être prises en compte dans le calcul). Leurs niveaux globaux de bonheur et de souffrance sont ramenés à une même valeur pour tout le monde (par un facteur de pondération qui dépend de la personne mais pas des activités).
Ainsi, les préférences sont bien prises en compte (entre les différentes activités), sans qu'il soit possible de frauder : car une exagération pour une activité serait « payée » par une autre : tout le monde a intérêt à être sincère.

Certes, des gens peuvent fort bien être réellement plus sensibles à leurs conditions matérielles que d'autres, mais ce n'est pas forcément le but d'une économie juste que de prendre en compte cela. Cette sensibilité peut être réduite par un travail psychologique personnel, et il est préférable de privilégier cette voie. D'une part, car l'accroissement de bonheur (à long terme) est probablement plus important ainsi, et d'autres part, pour éviter une sorte de dictature des plus immatures (à moins qu'il ne s'agisse de fraudeurs comme suspecté initia­lement)...



30 Tout ça est bien joli, mais ça ne risque pas de rester du domaine de l'utopie ? On fait comment pour accéder à cette nouvelle société à partir de la réalité concrète d'aujourd'hui ?

Réponse ici !



31 N'est-ce pas sectaire, totalitaire, utilitariste, idéaliste, anarchiste, socialiste etc. ?

Réponses ici !



32 Autre question !

On vous lit !




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